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L’Utopie est une île : Utopie et avant-garde.

Abstract : L’Utopie politique, celle de Bacon ou de More peut apparaître comme une pensée politique de l’émancipation qui ne serait pas dialectique. L’île d’Utopie, dans la fiction de Thomas More, est cachée et difficile d’accès. Elle ne cherche pas à se mettre en relation avec le reste du monde et n’a pas de velléité expansionniste. Elle n’est pas le fruit d’un mouvement révolutionnaire, elle semble posée là sans qu’aucun processus historique n’y ait conduit. La pensé de l’art comme figuration tenable de l’utopie pourrait se formuler comme celle d'un dispositif qui aurait résolu ou sublimé la question de la contradiction, en laissant entrevoir un horizon imaginable de cet aplanissement. L’art comme système de formes et de sens pourrait être le terrain propice à cette formulation de l’utopie : celle de la promesse d’un monde. La musique, au sein d’une telle configuration peut apparaître comme un lieu favorable à la formulation d'un tel programme. Avant même de s’actualiser dans le son, sa construction, son organisation, la musique impose un silence préalable, premier signe d’un certain retrait du monde. Cette attitude initiale est celle qui faire taire toute velléité de circulation de sens parasite afin de proposer une composition de l’espace par l’écoute. Certains courants esthétiques du XXe siècle ont même développé l'idée d'un rester à cette étape. Le flux de la musique est celui qui a le plus précisément fondé son fait sur la construction d’une extra territorialité. Il s’agit alors de questionner les débords utopiques d’une telle pratique. Le cheminement des avant-gardes qui ont traversé le XXe siècle, dans leur revendication de poser la nouveauté comme valeur en soi, paraissent comme des organisations symptomatiques dans l’exploration d’une telle hypothèse. La dimension utopique s’y révèle néanmoins dans un espace de contradiction et de paradoxe dans la mesure le prédicat insulaire ne peut pas fonctionner : les contextes politiques troublés s'imposent comme toile de fond et comme ferment de ces mouvements. En questionnant les fondements des pratiques disciplinaires, en prônant la non discontinuité entre l’art et la vie, certaines de ces expériences ont pu faire oublier l’unicité de l’acte esthétique et ainsi laisser place à des interprétations de l’art comme révélateur de fonctionnements sociaux.
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Contributor : Guillaume Loizillon <>
Submitted on : Tuesday, April 19, 2016 - 4:47:05 PM
Last modification on : Tuesday, May 5, 2020 - 11:50:18 AM

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  • HAL Id : hal-01304377, version 1

Citation

Guillaume Loizillon. L’Utopie est une île : Utopie et avant-garde.. Filigrane. Musique, esthétique, sciences, société (en ligne), 2014, Musique et utopie. ⟨hal-01304377⟩

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