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Les lettres des autres. Correspondances et réseaux en filigrane des grandes collections carolingiennes

Résumé : En matière de correspondance, les siècles carolingiens ne sont pas en reste. De Boniface à Gerbert, les lettres se comptent par milliers. Il n’est pas excessif de parler d’abondance, du moins à l’échelle de conservation documentaire propre au haut Moyen Âge. Mais en dehors de la vaste tradition manuscrite alcuinienne, mis à part le cas très particulier de la correspondance d’Hincmar de Reims, le gros de cette richesse dépend d’une poignée de collections personnalisées. Pour la plupart, chacune nous est connue par un unique codex. L’historien pourrait travailler à son aise sur une table où il aurait placé l’essentiel des manuscrits de l’épistolographie des VIIIe-Xe siècles. Le corpus carolingien est donc vaste par la quantité, mais restreint du point de vue de ses vecteurs de transmission. Les occasions et les hasards de la conservation de quelques témoins ont déterminé presque toute sa composition. De ce fait, certaines correspondances, certains épistoliers dominent le paysage de la recherche. Les historiens ont dû suivre cette inclinaison de leur documentation. Dans leurs travaux, les personnages des Loup, Éginhard et autres Agobards sont partout à l’avant-plan. Cet article propose de renverser cette perspective, ou, du moins, de tester les possibilités heuristiques d’un tel renversement. D’abord, reconsidérer les petits ensembles et traiter en bloc les lettres conservées en marge des grandes correspondances. Ensuite, repérer et ficher les deperdita, autant que faire se peut. Enfin, modifier l’éclairage, plisser des yeux, jouer – comme Panurge – de l’eau, du feu, de l’huile et de l’ambre gris pour tenter de voir à travers les grandes correspondances. En termes plus prosaïques, disons qu’il est envisageable, par l’utilisation des bases de données et de la théorie des graphes, d’extirper un Loup de Ferrières de sa correspondance et de récupérer ce qui en reste. Ce nouvel ensemble fait de miettes, d’ombres et de scories pourrait révéler d’autres réseaux, difficiles à déceler par l’approche frontale des collections. Il est envisageable d’en tirer un enrichissement de notre connaissance des réseaux épistolaires et de reconsidérer les grandes correspondances dans un contexte représentatif de la pratique épistolaire contemporaine.
Document type :
Journal articles
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https://hal-univ-paris8.archives-ouvertes.fr/hal-02564763
Contributor : Haki Shtalbi Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Wednesday, May 6, 2020 - 3:04:31 AM
Last modification on : Friday, April 29, 2022 - 10:12:10 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02564763, version 1

Citation

Martin Gravel. Les lettres des autres. Correspondances et réseaux en filigrane des grandes collections carolingiennes. Le Moyen Age. Revue d'histoire et de philologie, Editions De Boeck Supérieur, 2020, 126 (1), pp.243-271. ⟨hal-02564763⟩

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