“Common” women’s trajectories during the seventies: the making of a feminist agency - Archive ouverte HAL Access content directly
Journal Articles Sociologie Year : 2010

“Common” women’s trajectories during the seventies: the making of a feminist agency

Trajectoires de femmes "ordinaires" dans les années 1970. La fabrique de la puissance d'agir féministe

(1) , (1)
1

Abstract

This research examines the modes and forces of the “subjective revolution” which constitutes second-wave feminisms in France. Our results are based on an investigation carried out in 2006 and 2007 in a mid-sized provincial town, using interviews with “common” women having participated, closely or from a distance, in women’s groups in the 1970s. These women have broken the gendered norms which hindered them in the 1970s, and this article attempts to bring to light the modes of the peculiar making of a feminist “agency”. The detailed reconstruction of three contrasted trajectories of “common” women allows us to analyze how gendered norms have been questioned and de-naturalized, how this gender consciousness has been connected to class consciousness and translated into liberating discourses and practices. We investigate what “takes place” from the point of view of gender relations in community institutions (families, marriage, school, etc.), which are still marked with patriarchy, at the time of the mediatization of an offensive and subversive women’s liberation movement and of the vote of key laws for the emancipation of the “second sex”. This shift, from the Parisian movement to the variety of individual experiences, enables us to spot “from the bottom” the key events marking out primary socialization and social trajectories, but also those who spread these ideas locally, their tactics, and the forces of the circulation of feminist ideas by close networks.
À partir d’une enquête par entretiens réalisée en 2006 et 2007 dans une ville moyenne de province auprès de femmes « ordinaires » ayant participé, de près ou de loin, à des groupes de femmes dans les années 1970, nous nous proposons d’étudier les modalités et les ressorts de la « révolution subjective » que constitue la deuxième vague des féminismes en France. Les femmes rencontrées ont subverti les normes de genre qui les entravaient dans les années 1970, et cet article se propose de mettre au jour les modalités de la fabrique singulière d’une « puissance d’agir » féministe. La reconstruction détaillée de trois trajectoires contrastées de femmes « ordinaires » permet d’analyser le processus de remise en question et de dénaturalisation des normes de genre, la manière dont cette conscience de genre s’articule à la conscience de classe et se matérialise dans un discours et des pratiques libératrices. Il s’agit d’explorer ce qui « se joue » alors du point de vue des rapports de genre dans diverses institutions de proximité (famille, mariage, école, etc.) encore marquées du sceau du patriarcat, au moment de la médiatisation d’un Mouvement de libération des femmes offensif et subversif et du vote de lois cardinales pour l’émancipation du « deuxième sexe ». Ce décentrement, du mouvement parisien à la diversité des expériences individuelles, autorise ainsi à repérer « par le bas » les événements clés jalonnant la socialisation primaire et la trajectoire sociale, mais également les « passeurs », leurs tactiques, et les ressorts de la diffusion par capillarité des idées féministes.
Not file

Dates and versions

hal-00983750 , version 1 (25-04-2014)

Identifiers

Cite

Catherine Achin, Delphine Naudier. Trajectoires de femmes "ordinaires" dans les années 1970. La fabrique de la puissance d'agir féministe. Sociologie, 2010, 1 (1), pp.77-93. ⟨10.3917/socio.001.0077⟩. ⟨hal-00983750⟩
91 View
0 Download

Altmetric

Share

Gmail Facebook Twitter LinkedIn More